L’anti-coup de cœur à table, ce n’est pas toujours la joie…
Sujet: Coup de coeur

Chaque vendredi, sauf en été, dans «Demandez le programme» (entre 8h 30 et 9h), animé par Philippe Callet, Jacques Kother, du magazine gastronomique Le Guide des Connaisseurs, donne sur l'antenne de BEL RTL, sa bonne adresse hebdomadaire (émission transmise en direct sur RTL TVI). Semaine épouvantable pour lui, si on peut le dire : il a déjeuné dans quatre restaurants différents et a refusé catégoriquement, une fois n’est pas coutume, de donner leurs adresses dans l’émission.
 
Jacques Kother : Pas question d’encourager des gens qui n’honorent pas la profession de restaurateur. Nous avons - je le dis depuis toujours - énormément de bons restaurants. On mange très bien en Belgique. Beaucoup de maisons sont excellentes. Mais il y a des exceptions. Rares, j’espère. Cette semaine, je suis allé dans quatre restaurants qui avaient des défauts épouvantables, insupportables, inexcusables.
Pas d’accueil, un service maussade, des produits de deuxième choix, des plats sans vérité, et surtout – surtout – des vins trop chers et parfois très mal choisis. Quand on n’y connaît rien, on cherche un bon conseiller. Cela va de soi.
 
Philippe Callet : Au fond, ce qui vous choque principalement, ce sont les prix des vins ?
 
Jacques Kother : Pas seulement moi. Tous les clients un peu compétents regrettent qu’on ne trouve pratiquement plus, même dans les petits restaurants, une bonne bouteille entre 15 et 20 euros. Je dis bien une bonne bouteille et non une infâme lavasse.
Quand un restaurateur achète une bouteille à 7 euros,  on comprend qu’il multiplie un peu son prix, mais pas quatre, cinq ou six fois. On m’a même signalé un restaurant qui vend 70 euros à sa carte une bouteille achetée 7 euros. Tenez-vous bien. Ce n’est pas de l’arnaque, ça ?
 
Philippe Callet : Vous voudriez que les guides annuels et les critiques de restaurants y soient plus attentifs.
 
Jacques Kother : Oui, d’autant que les restaurants font souvent des efforts de qualité. Je reçois beaucoup de courrier de clients ravis mais aussi  de clients excédés. Un seul exemple, Catherine Moreau, de Namur, est allée dans un restaurant à C. avec son fiancé, cuisinier de métier. Elle m’écrit : «Les plats ne correspondaient pas à ceux détaillés sur la carte, certains ingrédients manquaient, aucune saveur. La bouteille de vin – 25 euros – est arrivée sur la table déjà débouchée, l’addition de 115 euros est arrivée sur un vulgaire bout de papier sans TVA, nous n’avons jamais aussi mal mangé dans un restaurant soi-disant gastronomique. »
           
Philippe Callet : Bref, l’horreur. Mais vous avez tout de même eu, j’espère, au mois un moment de plaisir.
 
Jacques Kother : Oui, quand j’ai mangé de l’araignée dans un bistrot à Uccle. Ne hurlez pas. L’araignée, c’est un morceau du boucher, celui qu’il se réserve, un morceau de bœuf très savoureux et juteux, excellent avec une sauce aux échalotes. C’est un muscle sillonné de fibres en éventail qui font penser à une toile d’araignée. Il faut les enlever soigneusement avant de faire cuire saignant. C’est rare. C’est tendre. C’est délicieux. On  se régale. Mais ce petit restaurant-bistrot, sympathique au demeurant, pas mauvais du tout, aux préparations copieuses, avait par ailleurs tant de défauts (service hésitant, amuse-bouche arrivant avec le premier plat, vins un peu trop chers, certains légumes d’accompagnement trop peu cuits, potage du jour à 10 euros - 400 FB - dans un bistrot…) que je ne me sens pas le droit de donner son adresse.








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