Le restaurant La Cantina à Bruxelles : samba dans les casseroles
Sujet: Coup de coeur

Chaque vendredi, sauf en été, dans «Demandez le programme» (entre 8h 30 et 9h), animé par Philippe Callet, Jacques Kother, du magazine gastronomique Le Guide des Connaisseurs, qui est aussi le chroniqueur gastronomique de Bel RTL, donne sur l'antenne de Bel RTL sa bonne adresse hebdomadaire (émission transmise en direct sur RTL TVI). Cuisine brésilienne aujourd’hui. Et la cuisine du Brésil, c’est avant tout la Feijoada, le plat national…Nous sommes très loin de la cuisine française.

Jacques Kother : J’ai découvert cette semaine un petit restaurant très sympathique, la Cantina à Bruxelles, où on le prépare tous les jours avec des haricots rouges, du porc, du lard fumé, des saucisses piquantes. C’est un ragoût de viandes fraîches et fumées. On peut y mettre de la langue fumée, du porc en saumure, du bœuf séché, du chorizo, avec oignons, ail, tomates, et poivrons. C’est du solide servi avec des rondelles d’orange et de la farofa, qui est de la farine de manioc grillée et bien relevée. La cuisine du Brésil est très différente des cuisines des pays voisins. Ici, pas d’influence espagnole mais bien portugaise, mélangée à celles des indiens et des esclaves noirs venus de l’Ouest africain.
 
Philippe Callet : On oublie parfois que l’Amérique latine nous a beaucoup apporté.
 
Jacques Kother : Avant l’arrivée des Espagnols et des Portugais, on ignorait tout chez nous de la tomate, de la pomme de terre, de la banane, de l’ananas, de la dinde, du maïs ou du cacao.
Imaginez que jusqu au XVIIe siècle, et même au XVIIIe, il n’y avait ni pommes de terre ni tomates dans nos casseroles.
Les Européens, en échange, ont apporté dans leurs bagages l’oignon, l’ail, le bœuf et le porc, les poules, le café et la canne à sucre, sans oublier la vigne.
Bref, un fameux mélange qui explique l’intérêt de la cuisine brésilienne qui n’est sans doute pas une des meilleures du monde mais qui est très originale.

Philippe Callet : A la Cantina, c’est la cuisine de Bahia car la patronne, Maryangela Gusmao, est née à Salvador de Bahia et c’est elle qui cuisine…


Maryangela

Jacques Kother : Une femme étonnante, frétillante, qui a publié un livre de cuisine, de souvenirs, de poésie, et d’amour, passionnant, intitulé Le Banquet de la Folie et édité par la Maison d’Erasme. Peu banal. Maryangela  dit elle-même qu’elle prépare une cuisine simple pour des humains compliqués. A midi, dans son restaurant décoré de façon amusante, on va se servir dans la cuisine, c’est un buffet chaud et froid, et on paye 1 euro 70 par 100 g. On mange selon son appétit mais on vous sert les boissons à table. Le soir, on mange à la carte, sur des tables de bois brut, dans un décor très kitch. La carte est courte. Les plats principaux coûtent de 11 à 15 euros, les entrées entre 4 euros 50 et 7 euros 50. On boit une bière brésilienne, un vin chilien, ou les fameux cocktails bien frappés à base de cachaça, le rhum du Brésil, de citron vert et de sucre de cannes. Dépaysement garanti.
 
Philippe Callet : Une précision utile : pas de cartes de crédit.
 
Jacques Kother : La Cantina est près de la Bourse, entre le Boulevard Lemonnier et la rue du Midi, dans une petite rue ancienne qui a été tracée au XIVe siècle, près de la fameuse statue de Madame Chapeau. On peut se promener cent fois dans le coin sans deviner qu’il y a là une petite ambassade de la cuisine brésilienne. Il était temps de jouer les conquistadors curieux et gourmands.
 

   
La façade                                           La salle

LA CANTINA
Rue du Jardin des Olives, 13
1000 Bruxelles.
Tél. 02/ 513 42 76
Fermé samedi midi et dimanche.
Pas de cartes de crédit.











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