A voir absolument : «Blanche Neige La suite », le nouveau film de Picha
Sujet: A b?tons rompus



C’est un événement :  Picha vient de sortir son quatrième long-métrage d’animation: «Blanche Neige La suite», une comédie hilarante et décapante qui explique enfin ce qui s’est réellement passé après le baiser du Prince Charmant.
L’histoire démarre avec langueur et poésie. Blanche Neige, qui vient d’épouser le Prince Charmant et qui croit que les enfants se font en mettant la langue dans la bouche, est l’image même de la pureté et de la naïveté. C’est frais, ravissant, romantique. On se croirait presque dans un Disney. Se serait-on trompé de film ? Tout dérape heureusement très vite, parce qu’une Bonne Fée, pas si bonne que ça, tombe amoureuse du Prince et brouille les pistes en faisant apparaître une Belle au Bois Dormant nymphomane, une Cendrillon indécente, sept nains lubriques, un ogre obsédé. Dès lors, rien ne va plus : la chasse à la pucelle est ouverte et on a droit à tout, même à une orgie. Du Picha tout craché. On se régale.
«Je rêvais déjà de mélanger des contes de fée bien avant de réaliser «Le Big Bang», il y a vingt ans,  nous a dit Picha. C’est fait. Cela a été un montage difficile qui a nécessité six ans de travail.»

      

Tarzoon démythifié
 
Il faut oser désacraliser les contes de fée. Il n’y avait que la verve et l’humour du caricaturiste Picha pour réussir cette gageure.
Sous son crayon dévastateur, il avait déjà créé en 1975 avec « Tarzoon » le plus foireux des Tarzan, attirant les foudres des descendants de Edgar Rice Burroughs qui avaient tenté de faire interdire le film. Tarzoon était devenu « The shame of the jungle » (La honte de la jungle ») au pays de Johnnny Weismuller, mais les héritiers du créateur du mythe au cri tyrolien  avaient été déboutés par les tribunaux français. Tarzoon avait eu un succès fantastique : plus de 1.300.000 Français s’étaient rués dans les salles.
Le film avait été suivi en 1980 par «Le Chaînon manquant» et en 1987 par «Le Big-Bang». Picha, alias Jean-Paul Walravens, Bruxellois installé à Montmartre, avait alors abandonné le cinéma pour se consacrer notamment à des spots publicitaires et des séries télévisées (Zoo Olympics, Zoo Cup, Les Jules… Chienne de vie).

   

Et Walt Disney dans tout ça ?
 
En ce qui concerne « Blanche-Neige La suite », Les studios Walt Disney vont-ils réagir ?
«J’adorerais avoir des problèmes avec WD » nous a dit Picha. Toute publicité est bien venue. De toute façon, il y a belle lurette que les contes adaptés par les Frères Grimm sont tombés dans le domaine public. Chacun y apporte l’interprétation qu’il veut.».
Pour exemples, les sept nains version Picha, ce sont «des crapules de banlieue» format bonzaï, à la teinte épinard avec des verrues, qui répondent aux noms prometteurs de Schlingueur, Branleur, Glandeur, Gicleur, Roteur, Trouduc et Fouduc. Leur promenade encastrée, à la queue leu leu c'est le cas de le dire, est une des scènes les plus réjouissantes du film.
L’ogre rêve de manger Blanche-Neige et, selon les termes du synopsis, «de lui mastiquer le buisson ardent, de lui croquer le balcon, de lui mâchouiller le joufflu. Parce qu’il l’aime pour de vrai depuis qu’il s’est goinfré, par erreur, d’une tarte mitonnée à la potion d’amour».
La Bonne Fée, roulée comme une décharge municipale, rêve de déflorer le prince Charmant. Et elle y arrive, d'ailleurs, grâce à sa baguette magique et malgré ses trois mille et des ans et ses seins en chaussettes. La scène d'amour, au rythme de laquelle participe le râtelier enlevé par commodité, mérite le déplacement.
L'acariâtre et sensuelle Belle au Bois Dormant s'applique à tenter de désosser Blanche-Neige. Cendrillon joue sur son 95 C exposé à tous vents, sous les naseaux frémissants du Prince Charmé.
Bref, du plaisir en perspective. Même pour les enfants : ils sont admis…

   

Les voix de Cécile de France 

Picha a travaillé le scénario avec Tony Hendra, un Anglais qui avait scénarisé avec lui ses deux précédents longs-métrages. Le film est financé par Eric Van Beuren, via sa maison de production belge Alligator Film et sa succursale française Tchin Tchin et par Steve Walsh Productions rayon Grande-Bretagne. La préparation du film s’est faite à Paris et l’animation proprement dite en Pologne.
C’est la toute belle Cécile de France qui prête sa voix à Cendrillon, Blanche Neige et la Belle au Bois Dormant. «C’est formidable dit Picha. Elle était bonne dans les trois. Le plus drôle c’était de la voir s’engueuler elle-même dans une scène ou les trois personnages se retrouvent ensemble.»
Cécile est ravie elle aussi : «Picha est à part. Il y a de l’audace, du piment de l’inventivité dans ce qu’il fait. C’est un artiste à part entière. Il est unique au monde.» 
Jean-Paul Rouve, l’excellent Michel Polnareff de Podium, interprète le Prince. Et Mona Walravens, 20 ans, la fille de Picha, prête sa voix à la Belle (de la Bête).
Picha pensait à Anaïs, auteur compositeur interprète, pour la partie musicale. «J’ai eu de la chance. Son manager est fan de ce que je fais, ça aide. Elle a accepté tout de suite. Elle est comédienne dans l’âme. Elle a aussi ce sens de l’autodérision que je recherche et elle a fait un boulot formidable.»  

  










Cet article provient de 'Le Guide des Connaisseurs'
http://www.leguidedesconnaisseurs.be

L'URL de cet article est:
http://www.leguidedesconnaisseurs.be/article1626.html