Le grand scandale de cette malbouffe qui fait des ravages
Sujet: Editorial

        Un soda et une barre chocolatée, c’est ce que beaucoup d’enfants reçoivent au petit déjeuner ou en partant à l’école. Le plat de légumes le plus consommé ? Les pommes frites ! On imagine la suite. Elle est terrifiante : obésité, maladies cardio-vasculaires, absence de références gustatives.
        Pas étonnant si le fameux film de Morgan Spurlock, « Super size me », produit avec un budget plus que réduit (6 500 dollars), est un succès mondial.
Les mauvaises habitudes alimentaires sont destructrices.
Si on se promène à Disney World ou Land, à Orlando ou à Los Angeles, on ne compte plus les couples d’obèses avec, parfois, un bébé dans son landau serrant un biberon de Cola… Impensable chez nous ! Un Américain sur quatre mange chaque jour dans un fast-food et tous les records de poids et donc de mortalité non accidentelle, sont battus. Sans parler du mauvais goût…
        Nous n’en sommes pas là.


        Mais l’Europe n’a jamais que quelques années de retard sur les Etats-Unis.
        Et les tentatives de motiver enfants et jeunes gens devant une assiette
raisonnable sont louables mais forcément timides.
        L’éducation du goût se fait à la maison, puis dans les bons restaurants.
        Elle devrait faire partie aussi des programmes scolaires.
        Apprendre aux enfants à goûter, à cuisiner, c’est ludique. Mais c’est aussi leur apprendre à bien choisir, à varier les menus, à fuir la monotonie et les mauvaises habitudes.
        L’ignorance et l’inculture gastronomique sont plus répandues que le savoir-faire.
        Dans certains ménages, on ne trouvera pas un seul livre de recettes. Et le menu quotidien est tristement limité aux six ou sept mêmes plats.
        Pourtant, avec du bon sens pratique, on peut très bien manger pour pas cher. La gastronomie ne commence-t-elle pas à l’œuf à la coque, à la soupe aux légumes et à la tarte aux pommes ?
         Depuis 37 ans, « Le Guide des Connaisseurs », premier magazine du genre, fondé en 1967, défend avec succès le Meilleur. Pour le plus vif plaisir de lecteurs, hommes ou femmes d’affaires, politiques, avocats, médecins, garagistes, cuisiniers, restaurateurs, sommeliers, qui ont une passion pour la bonne table et les produits goûteux.
        Les connaisseurs – amateurs ou professionnels -  ne manquent pas.
        Ils apprécient à leur juste valeur les émotions gustatives.
        Ils savent, en consommateurs avertis, que la cuisine, accompagnée d’un vin franc et friand, est un plaisir à partager
        Le « bon manger » n’est pas rare. Le mauvais non plus.
        Les chefs et les restaurateurs amicaux, généreux et hospitaliers, aimant la fête, heureux de l’approbation des gastronomes, sachant travailler les bons produits, sont encore nombreux.
        On se régale chez eux sans rechigner.
        Mais que nous réserve l’avenir ? L’affadissement du goût ? Le triomphe du mercantilisme et de l’agro-alimentaire ? La fin de l’intelligence et de la vérité culinaire ? Les ravages d’une cuisine pseudo-créative faite par des ignares ?
        Si, demain, les bons cuisiniers et les gourmets devaient disparaître, espérons au moins que les saintes huiles seront de première pression à froid.

   Jacques Kother
           






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