J’ai mal à mon bordeaux
Sujet: Magnum

«Les chiffres sont catastrophiques. Pour relancer le marché, il faut des prix réellement attractifs.»

C’est le cri d’alarme du président des courtiers girondins.

Les «grands» devraient donner l’exemple.

Les premiers grands crus classés (Latour, Lafite, Margaux, Haut-Brion, Mouton) envisageraient de proposer les 2008 en primeur à environ 100 euros, plus de la moitié inférieur à celui de l’an passé. Certains vont même plus loin et préconisent d’aller vers 85-90 euros.

Motif : les grands vins sont achetés depuis quelques années principalement par des milliardaires internationaux et des fonds de pension, qui les remettent aujourd’hui sur le marché.

Le très bon 2005 avait bénéficié d’une hausse exceptionnelle.

Le 2006 en avait profité, comme le 2007, pourtant petit millésime.

Aujourd’hui, le Bordelais souffre. Le négoce n’a plus d’argent. Il ne peut plus acheter aux propriétaires et attendre le client.

Et chez nous, en Belgique ?

Nous restons, derrière l’Allemagne, le deuxième client des bordeaux, et le quatrième en chiffre d’affaires. Mais les baisses avaient commencé en 2006 et 2007 et, en 2008, le recul s’est accentué : moins 16% par rapport à l’année précédente.

Même constat en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Les marchands anglais remettent des vins sur le marché…

Et pourtant, la Belgique était en 2007 le cinquième importateur mondial et nous buvions, nous adultes, 32 litres en moyenne avec un accroissement prévisible. Et nous dépensons plus. Nous sommes plus attentifs à la qualité.

Mais quels vins ont nos préférences ?

Des vins rouges mais sans folie : la progression ne devrait pas dépasser 1,01 % entre 2008 et 2012.

Les vins blancs ont plus de ressort. On prévoit une hausse de la consommation de 2,78 %.

Mais ce sont les vins rosés qui tiennent la route avec une augmentation prévue de 13,62 %.

La France en est le premier pays producteur mondial (5,9 millions d’hectolitres en 2006, soit 29 % de la production mondiale). Elle est talonnée par l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis.

Les vins du Nouveau Monde font de l’ombre à ces trois pays, et principalement à la France, qui reste malgré tout notre fournisseur privilégié. Les vins du Chili ont, par exemple, progressé de 79,5 %.

Boirons-nous demain des vins russes ou chinois ? Pour l’instant, la Russie est le 9ème pays producteur, suivi par la Chine, en dixième position. Mais ces pays sont d’une redoutable efficacité et la qualité y progresse, comme la consommation interne. Normal ! Ils ont d’immenses populations.

Les experts tablent sur une croissance de 30 % pour les vins chinois et de 43,5 % pour les vins russes.

Les Bordelais, qui sont nos chouchous, aimeraient pouvoir en dire autant.

Mais, en final, tout est question de prix et si de très bons vins restent à un prix accessible, il serait absurde de ne pas se faire plaisir.









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