1931. Quelques menus dans les restaurants belges
Sujet: Le Petit Journal

Le Touring Club vient d’éditer, en cette année 1931, un «Petit Guide gastronomique du Tourisme en Belgique» (5 francs).

C’est aussi l’éloge de la voiture car, y lit-on, «les chemins de fer avaient tué la bonne et vieille auberge où, de père en fils, le patron tenait pieusement la queue de la poêle», mais «l’auto a ramené à l’auberge modernisée le client qu’elle promène sur les routes sans l’astreindre à la servitude des horaires.»

A Namur, l’Hôtel du Mouton d’Or propose pour quarante à cinquante francs un menu copieux : potage crème de volaille, escargots de Bourgogne, truites de la Lesse Belle Meunière, entrecôte béarnaise, pommes paille, poulet de Bruxelles, cœurs de laitue, fromage de Philippeville, gâteau maison, corbeille de fruits.

A Waulsort, au Grand Hôtel de la Meuse, le menu (35 francs) est le suivant : potage crème portugaise, truite de la Lesse meunière, contrefilet à la broche, épinards et croûtons, pommes Duchesse, poulet de Bruxelles rôti, salade de cresson, gâteaux, fruits.

A Audenaerde, l’Hôtel-restaurant de la Pomme d’Or met à sa carte les rognons à la flamande, les fondus au parmesan, le waterzooi de volaille, et les fraises à la crème.

A Wellin, l’Hôtel des Ardennes propose, pour 45 francs, ce menu : potage Saint-Germain, hors d’œuvre variés, écrevisses bordelaises, truites meunière, carré de porc d’Ardenne, petits pois, pommes nouvelles, poulet rôti à l’Ardennaise, salade de laitue, dessert.

A Anseremme-sur-Meuse, au Grand hôtel Beau rivage, le menu à 45 francs est composé de crème portugaise, truites de la Lesse meunière, rôti de veau, petits pois printaniers, pommes nouvelles Richelieu, poulet rôti de Bruxelles, salade de laitue, buisson d’écrevisses de Meuse au jus de Chablis 1923, crêpes ardennaises au kirsch de Fougerolles, fruits assortis en corbeille.

A  Barvaux, l’Hôtel des Hazalles affiche un menu régional : potage Soubise aux oignons de Barvaux avec son gruyère, truites de l’Ourthe Belle Meunière, ris de veau financière, bécasse flambée à la fine champagne, jambon d’Ardenne, salade de saison, crème des Haralles, fruits en corbeille. Commentaire du guide : «Les truites, qu’accompagnait un cru de Moselle sec comme un caillou en silex, étaient d’une exquise fraîcheur. Leur chair rosée et parfumée fondait dans la bouche. Le ris de veau avec sa garniture de quenelles et de champignons recueillit à son tour les suffrages de tous les convives. Parurent alors les bécasses, but suprême de ce raid gastronomique ! Avec l’émotion que l’on ressent à toute cérémonie solennelle, les quatre amis suivaient les diverses phases du rite que le patron en personne avait tenu à accomplir. De larges rasades de Fine Bisquit Dubouché arrosaient les oiseaux mollement étendus sur leur canapé gorgé de sauce parfumée. Sous l’étincelle de l’allumette, une flamme verte jaillissait, léchait les cuisses brunes, contournait les poitrails dorés et exaltait, le fumet d’un plat savamment ordonné. A l’œuvre ! Un délicieux Moulin à Vent, au bouquet discret et pur, s’alliait aux délicates saveurs des bécasses. «Je vous ai réservé le Chambertin pour le plat suivant, nous avait expliqué l’habile hôtelier. Il faut, maintenant, un vin peu corsé qui ne fasse pas tort au fumet du gibier ni au bouquet de cette fine.»









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