Halte aux terroristes du goût!
Sujet: Editorial

A l’heure où le prévomitif fait toujours des ravages, défendre la gastronomie, la vraie cuisine, et les vins denses et racés est une opération de salut public.

L’offensive du bio, la ferveur des artisans à la recherche des meilleurs produits, la qualité des chefs soucieux de mettre en valeur et de magnifier le contenu de l’assiette, la variété des offres et le bonheur à table des amateurs de saveurs authentiques sont autant de raisons d’être optimistes et de se réjouir.

A côté des produits-rois choisis avec l’intelligence de la passion se bousculent pourtant des imitations, des aliments aussi surmédiatisés que déséquilibrés vantés par des tartufes.

Et c’est là qu’il faut crier haut et fort : «Halte aux terroristes du (mauvais) goût!»

Si le goût se forme (lentement), il se déforme aussi (très rapidement).

On fabrique des obèses au grand bénéfice des industriels et à grand renfort de pub plus ou moins mensongère à la télé pour des produits trop sucrés, trop gras, trop salés, bourrés de chimie.

357 additifs chimiques sont autorisés dans nos assiettes…

35 kilos de sucre, c’est ce que nous avalons chaque année sous différentes formes, solides ou liquides.

4 kilos de sel, soit deux fois la limite fixée par l’OMS, c’est que nous consommons en moyenne chaque année.

La malbouffe a encore de beaux jours devant elle.

Bonjour les dégâts !

Personne n’aime des vins piqués, oxydés, troubles, des légumes sans goût, des fromages sans saveur, des volailles ou des viandes insipides et qui dégagent, dans la poêle ou dans la cocotte, un liquide inutile et insipide.

Raison de plus de se comporter en consommateur informé, de savoir lire les étiquettes, de se comporter en curieux de bonnes choses et de bon appétit.

La gastronomie, telle que nous la défendons depuis longtemps, n’est pas une religion.

C’est un retour aux sources pour ceux qui savent que la qualité se mérite et n’est pas nécessairement plus onéreuse.

Songeons que la malbouffe est en partie responsable de 30 % de nos cancers, de centaines de milliers d’obèses, de diabétiques, et d’insuffisants cardiaques.

 Rien qu’en France, cette malbouffe provoque trois fois plus de morts que le tabac et cinquante fois plus que les accidents de la route.

Manger sain, apprécier le «bon», rechercher l’assiette idéale, c’est être gastronome.

Aujourd’hui, la gastronomie est toujours, mais plus seulement, plaisir des papilles, émotions gustatives, choix du meilleur, école du talent.

C’est la seule façon d’éviter le désastre du goût perdu.

                                                                                                         

Jacques Kother           







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