XVIIIe siècle. La pomme de terre n’est plus un aliment à cochon
Sujet: Le Petit Journal

En 1785, à Versailles, un homme déclare avec émotion à Louis XVI :

- Sire, désormais la famine est impossible!

- Monsieur Parmentier, répond le roi, des hommes tels que vous ne se récompensent pas avec de l’argent. Il y a une monnaie plus digne de leur cœur! Donnez-moi la main et venez embrasser la reine.

Les effusions passées, le roi contemple longuement le bouquet que vient de lui offrir son visiteur: des fleurs de pommes de terre. Mais pour que cette pomme de terre devienne un aliment apprécié des Français, il faudra encore une révolution et les rationnements de la Convention et du Directoire.

Parmentier est né en 737 à Montdidier. Il a découvert l’usage des précieux tubercules pendant sa captivité en Allemagne, lors de la guerre de Hanovre. En Europe, on connaît déjà depuis deux siècles la pomme de terre que les Espagnols ont rapportée des Amériques, mais seulement comme plante ornementale, aliment à cochons ou…à prisonniers. On croit qu’elle donne la lèpre. Parmentier devra encore lutter pendant des années pour vaincre cette répugnance. Il fera même garder militairement un champ de pommes de terre pour piquer les curiosités. Mais le bifteck pommes frites ne va plus tarder à devenir plat national.

 

(Jacques Kother. Extrait de son livre « La Mémoire du Ventre », 1964, chez Pierre De Meyere. Grand Prix International de Chronique gastronomique).









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