On passe une saké soirée au restaurant L’Empereur de Chine à Uccle (Bruxelles)
Sujet: Coup de coeur



Chaque vendredi, dans «Demandez le programme» (entre 8h 30 et 9 h), animé par Philippe Callet, Jacques Kother, du magazine gastronomique Le Guide des Connaisseurs, donne sur l'antenne de Bel RTL, sa bonne adresse de la semaine (émission transmise en direct sur RTL TVI)
Sa dernière trouvaille : « L’Empereur de Chine » à Uccle-Bruxelles   
 
Jacques Kother : Ma découverte de la semaine la plus inattendue est  un restaurant qui possède un lit de noce dans la salle. Peu banal. Il s’agit d’un lit ancien chinois et ce restaurant, qui ne ressemble à rien, vu de l’extérieur, est en fait un petit musée à l’intérieur, avec des meubles laqués, des sculptures en jade, et même une charrette de voyage du 19e siècle, très bien conservée.
 
Philippe Callet : C’est bien entendu un restaurant chinois…
 
Jacques Kother : Tenu par une petite femme charmante, Chi Tien Chin, qui appartient à une famille de restaurateurs depuis trois générations et par son mari, Liu Nan, un peintre qui a exposé dans le monde entier et qui fait partie d’une famille d’artistes depuis trois générations.
Imaginez le tandem prometteur. Le restaurant s’appelle « L’Empereur de Chine » et ,ce qui ne gâte rien, ce n’est pas très cher : menu quatre services à 17 euros. Et aussi pour la fête une table du mandarin, très variée, très copieuse, à 26 euros. Buffet à volonté pour 19,50 € les jeudi, vendredi et dimanche soir, ainsi que le dimanche midi.
 
Philippe Callet : C’est l’occasion de nous parler un peu de la cuisine chinoise…
 
Jacques Kother : Impossible. Il y a plusieurs cuisines chinoises, selon les climats, les traditions, les produits, et quatre grandes catégories régionales. La plus connue est la cuisine cantonaise. Les plats aigres-doux sont d’origine cantonaise, comme le porc à l’aigre-doux, et on utilise largement des sauces de soja ou d’huîtres. Le fameux canard laqué est pékinois. Pourquoi ? Parce que la Cour impériale était installée à pékin et qu’on y mangeait des plats complexes et spectaculaires. . Je passe sur les autres cuisines, car il faudrait une demi-journée.
 
Philippe Callet : Ce sont aussi des cuisines qui ont subi les renversements politiques…
 
Jacques Kother : En 1949, les révolutionnaires ne voulaient plus entendre parler des traditions culinaires, ils les jugeaient élitistes et réactionnaires. Il a fallu attendre les années 80 pour que les dirigeants communistes  commencent à encourager, à cause notamment du tourisme, la résurrection de la grande cuisine. Certains estiment à tort ou à raison qu’il y a deux grandes cuisines dans le monde, la française et la chinoise.
 
Philippe Callet : Malheureusement, en Europe, les restaurants chinois banals sont nombreux.
  
Jacques Kother : « L’Empereur de Chine » sort un peu de l’ordinaire. Les préparations sont très saines. On y cultive le Yin, les mets qui rafraîchissent, le Yang, ceux qui réchauffent et le yin yang, qui est neutre. Impossible pour nous de nous y retrouver. C’est tout à fait illogique en apparence. Sont Yin par exemple, le crabe, la bière, l’eau gazeuse et le canard, tandis que le bœuf est yang comme le poisson fumé ou le café.  Mais on se laissera séduire par les entrées à la vapeur ou croustillantes, les préparations cuites sur un plat en fonte à table, et par les prix. Dépaysement garanti, cuisine amusante,  dans un endroit très calme et agréablement décoré, avec un seul regret : les Chinois négligent un peu les desserts, mais un beignet fourré de crème glacée avec une sauce au chocolat fera tout de même plaisir aux gourmands qui ne veulent pas trop chinoiser.
 
L’Empereur de Chine
Chaussée de Waterloo   885
A 1180 Bruxelles (Uccle)
Tél. 02/ 372 01 80
Fermé le mercredi








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